Images du Quotidien

22 octobre 2010

Le changement dans la continuité

SYNDICATS013

Une formule qu'apprécient mes sujets d'observation préférés (les politiques) c'est le changement dans la continuité!! et bien aujourd'hui je la fais mienne. Ce blog sera dorénavant hébergé sur liberation.fr.
vous pourrez donc retrouver mes divagations diverses ICI, et cette adresse ne sera plus alimentée. Pour autant je laisserai ici les archives des précédents messages pour ceux que ça intéresse.
Merci donc à vous qui avez suivi ce blog sur canal blog et on se retrouve tout de suite sur liberation.fr!!

a tout de suite!!

http://photoactu.blogs.liberation.fr/

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08 octobre 2010

One more!

LANVIN  GAULTIER

Je viens de faire un travail sur les défilés de mode pour Libération. Pas simple, hystérique, désordonné, la mode est un des milieu à photographier les plus intéressant et les plus épuisant. On passe son temps, et son énergie, à négocier, du temps ou des places. La musique est forte, la lumière encore plus. On est bousculé, pressé. Nous sommes trop nombreux a vouloir faire des images, pourtant pas un ne veux la même chose que son voisin de podium.
C'est Luc Briand, du service photo de Libération, qui m'a proposé le travail. Il y a quelques semaines, il m'appelle et me dit : "tu veux faire la mode pour nous ? j'ai une idée : MUYBRIDGE"  ce nom déclenche automatiquement dans ma tête une vision.. instantanément je dis "oui" . Pour ceux qui ne connaissent pas je vous renvoie à internet ou vous verrez des images du bonhomme. Pour situer l'idée, il s'agissait de faire des images décomposant un mouvement. Même si dans nos têtes le principe pouvait être perverti pour dériver vers une sorte de relecture cubiste, synthétique ou analytique des mannequins et des vêtements.
Après les premiers test, la maquette est définie. Cinq blocs d'images en hauteur. Sortes de panoramiques dans lesquels je vais devoir faire rentrer une femme s'exposant aux regards des photographes massés autour de moi. Je me concentrerai sur le vêtement. Faisant abstraction de l'ambiance qui règne dans les backstages, je cherche dans la cohue, la ligne verticale autour de laquelle va s'articuler mon personnage. Il s'agit en fait de l'inverse de ce que je fais habituellement. Ne pas faire attention aux bords cadres, ne pas s'intéresser au hors champs, ne pas montrer l'a côté. Ne voir que la femme, la ligne, l'idée.
Pour faire ces images, le lieu que nous avons choisi à été les coulisses. Je tente de rester derriere durant le défilé pour photographier les mannequins habillée mais pas encore en pleine lumière. Elles se concentrent sur la marche à venir, elles blaguent entre elles pour évacuer le stress. Se tiennent droite puis s'abandonnent. Je tente de la photographier "au naturel" vêtues de leurs atours pré déterminés.
Je reviendrai plus tard sur les difficultés à accéder  au lieux de la mode.. pour l'instant je vous laisse apprécier la réalisation de Luc Briand autour des photos et de sons que j'ai pu ramener.

POUR VOIR CETTE REALISATION DE LUC BRIAND C'EST ICI

à bientôt

HERMESVANNOTEN

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20 septembre 2010

Avant-Après

FILLON004

Rendez vous au conseil d'état. Ce n'est pas un message énigmatique, simplement ma mission du jour. Le premier ministre, François Fillon, doit prononcer un discours devant l'assemblée générale du conseil d'état. J'arrive donc sous les lambris de cette vénérable institution, place du palais royal à paris. Les services de matignon sont arrivés. Comme à chaque fois, les services des politiques investissent les lieux des déplacements. Ici, les fonctionnaires sont habituellement posés et ne voient pas beaucoup de journalistes ou de services de sécurité. Aujourd'hui, tout est retourné. Les personnes du service de presse du conseil d'état, un peu débordées, laissent leurs place à ceux de matignon. Présentation de carte, remise de badge, portique de sécurité, un policier à chaque angle. On ne rentre ici que dûment accrédité à l'avance. Le journal m'a mandaté depuis quelques jours déjà. Mon nom figure bien sur la liste. L'homme de matignon, plonge sa main dans une grosse enveloppe en kraft. Il en ressort une poignée de lianes de tissu au bout desquelles pendent les sésames en plastiques. Les noms des journalistes autorisés pour l'événement ont été imprimés dessus au préalable. Je reçois un badge général et un autre, plus gros, agrémenté d'un énorme "POOL" dessus. L'homme de matignon, me donne dans le même mouvement les premières consignes : "pour l'arrivée, si vous faites la descente de voiture, vous ne pouvez pas suivre, si vous voulez faire le discours du premier ministre il faut vous mettre en haut de l'escalier, vous faites une image et puis on va tout de suite s'installer dans la salle.." Bon, tout cela est dit sur un ton qui ne permet pas vraiment d'échappatoire.. si je fais l'arrivée, derrière plus rien....donc c'est tout vu..je décide d'obéir et de me poster en haut de l'escalier en attendant le premier ministre qui sera accompagné de la garde des sceaux, michelle Alliot Marie. Je passe un coup de fil au journal. Rien dans les pages pour aujourd'hui..Je vais donc travailler pour les archives. Du coup je me met dans une autre ambiance. Je ne vais pas forcément chercher à coller à l'événement..

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Je prends donc position en haut de ce fameux escalier. Les gardes républicains sont en places. Mes camarades photographes arrivent. Nous avons tous décidés de nous placer ici..l'expérience des consignes données nous donnent une bonne vision de ce que nous pourrons faire ou pas..Nous sommes devenus des interprètes à priori des discours de communication..Aujourd'hui, la tendance n'est pas bonne et nous savons tous que les photos que nous ferons ne seront pas des documents historiques.
Nous commençons donc à faire des illustrations sur les gardes républicains, cette vision en plongée est très rare..alors nous en profitons. Dans le même temps, nous imaginons cette image, juste au dessus des politiques arrivant entre les gardes républicains....ah oui, ça peut être pas mal...moi, je vais le faire comme ça..et moi je vais le faire plus large...ah oui c'est bien aussi....tu parles!!, l'homme de matignon, arrive pour mettre bon ordre à tous nos espoirs..on sait jamais, nous pourrions faire une image qui dépasse du cadre!
Il nous fait reculer et nous positionne en face de l'arrivée de l'escalier. Le garde est face à moi. Il ne bouge pas. J'ai l'idée de faire une image avant-après. Vous montrer, ce qu'ILS veulent.

FILLON006

Voilà. Nous sommes en place. Le son de l'arrivée des politiques en bas arrive vers nous. Les gardes républicains se mettent au garde vous. On s'agite. Ça arrive. "poussez vous!" quoi ? déjà?.. mais on a rien fait..Ils sont là que l'on doit déjà partir se mettre en place sur le prochain spot..3 photos et au revoir. Les services de sécurité et de la presse nous poussent sans ménagement vers le couloir. Nous arrivons dans la salle plénière. Tout le monde attend le premier ministre. Je fais le tour, arrive légèrement en retard. Je crois que je vais faire des images du politique ici..non, il faut partir, "allez, on y va" "mais on a rien fait, il sont même pas là" "vous allez faire des images de là haut, je vais vous faire tourner". Là haut, c'est juste au fond de la salle. Loin, sans aucun intérêt. On nous fait passer à tour de rôle par une petite porte, dans un espace qui doit faire 3m sur 1m et dans lequel on doit faire rentrer 8 photographes et quelques caméras. Nous restons quelques minutes pour photographier les politiques assis ou en train de discourir, puis laisser la place à un confrère. Une vieille intuition m'a fait prendre un 300mm. Il me permet de faire quelques images plus serrées, des portraits qui ressortiront peut être..
les discours se terminent. Tout le monde se lève. Avant que les politiques soient sortis de la salle, on nous fait sortir par un escalier de service. J'arrive trop tard pour faire le départ. Quelques photographes plus rapides ont pu faire des images des politiques saluant et montant dans leurs voitures. Les journalistes ont été tenus à bonne distance pour ne pas poser une seule question. Rien qui dépasse. Tous les services de matignon s'engouffrent dans le sillage de la voiture du premier ministre, laissant là en plan les gens du conseil d'état comme hébétés. Les portes se referment. Les gardes républicains remontent dans leurs bus. Plus tard, lorsque sur mon scooter, je m'arrête à un feu rouge, ce même bus se met à mon niveau. Je reconnais mon garde républicain de tout à l'heure au travers d'une fenêtre. Il n'a plus de casque. Il souffle légèrement. Le regard dans le vide.
Moi aussi je me demande : "à quoi cela sert il ?"

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30 août 2010

Au coude a coude

PS0053

Le milieu politique se crispe, se resserre autour de l'image. Les photographes, les caméramans, sont définitivement parqués, agglomérés, tenus au coude a coude. Nous nous tenons chauds lors des arrivées des personnages politiques agitées. Témoignage lors de la dernière université d'été du parti socialiste à la Rochelle.
Lorsque les deux vedettes du parti, Martine Aubry et Ségolène Royal arrivent, je ne suis pas dedans..c'est rien de le dire. Dépassé par les événements, je décide de témoigner de ma propre échappée. Mon renoncement provisoire à faire une image digne de ce nom me fait empoigner mon micro. L'envie de vous faire écouter de l'intérieur la bataille des soutiers de l'info pour ramener l'image que tout le monde conteste, mais que tout le monde veut voir. Nous poussons des épaules. Tendons les bras. Photographions à l'aveugle. L'œil dépassé se fie à l'oreille pour orienter les objectifs. Le corps s'oublie. Les mains des gars du service d'ordre nous dirigent. Nous piétinons à reculons, le regard collé malgré tout au viseur lorsque nous le pouvons. Le doigt se fait frénétique. Il appuie presque seul. Perdus dans le fracas, je me tourne vers mes semblables pour vous montrer l'envers du décor. Nous aurons tous cette image des deux femmes. Elle sera plus moins construite selon les uns et les autres.. La qualité du regard n'y sera pour rien..Cette image est le résultat d'une bataille légère et éphémère, Récompense pour ceux qui sont les mieux bâtis ou les plus malins. Je ne fais partie ni des uns, ni des autres. J'essaie de construire autre chose de mon décalage ou de ma perdition..(c'est selon..)
Le résultats est donc à voir et à entendre sur liberation.fr, je mets le lien ici....

a bientôt!

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02 avril 2010

Spontanéité

MELENCH0020
Le murmure général sur la vidéo de Melenchon engueulant ce pauvre étudiant en journalisme m'a remémoré un jour de campagne. Durant la campagne des régionales, j'ai passé une journée avec jean luc Melenchon. Au programme, visite du salon de l'agriculture, tractage en banlieue parisienne et meeting le soir à Amiens. Du grand classique pour le politique, sauf que là, je suis quasiment seul. Accompagné de mon rédacteur, nous suivons, regardons, écoutons sans aucun problème..personne pour nous dire 'non, pas là , pas maintenant.." Dés le matin, Melenchon nous lance en arrivant, "oh mais la presse bourgeoise est là!!" Nombreux sont ceux qui font ce genre de blague, mais lui le pense vraiment..Nous sourions et répondons par une autre attaque..(dont je ne me souvient plus vraiment..) Melenchon, ça lui plait, il est comme ça..il aime la baston, la joute, quitte à s'emballer. Nombre de fois je l'ai vu me planter au moment de faire une photo. Partir dans l'autre sens de ce qui était prévu. Alors ça crie, ça gueule, ça exagère..mais au moins ça respire la vie !! car après tout cela va à contrario du sentiment diffus que veulent nous faire avaler les communicants que la politique est un jeu de société..Non, pour Melenchon et quelques autres, il s'agit d'un sport de combat! avec les opposants politiques, mais aussi avec les journalistes...Alors, évidemment quelque fois, ça frotte..Dans cette affaire l'emballement est général, bien sûr, le politique aurait put s'interdire certaines paroles inutilement blessantes, bien sûr, le politique part dans les tours de manière incompréhensible, mais c'est le jeu, le risque et il est je crois assumé..je ne souscrit pas, en revanche, à l'explication qu'il fait à postériori d'un grand complot visant à le piéger..La multiplication des canaux de diffusions font apparaitre de nombreuses caméras de toutes sortes, plus ou moins professionnelles qui scrutent les faits et gestes des politiques. Ils doivent se méfier de tout et de tous et répondre de manière structuré à des questions qui ne le sont pas toujours.. je me pose toujours la question de savoir si cela est un progrès ou pas..
Pour qui aime la politique, j'ai vécu dans ce train, ce jour là, un moment assez fort. Nous revenions du meeting d'Amiens. 23h00, le train qui repart sur paris est vide. Nous sommes seul dans le wagon. Melenchon, mon rédacteur, une collaboratrice du politique et moi. La discussion est vive entre le politique et mon rédacteur. Sur l'image, il est assis en face de Melenchon et travaille son sujet, en le questionnant sur le parcours, la stratégie.. je profite du moment où la collaboratrice est partie téléphoner dans le couloir pour faire cette série d'images du politique seul dans le train. J'adore ce genre d'ambiances car elles sont pour moi la réalité du travail du politique. Le discours partout et tout le temps, le déplacement incessant, le questionnement permanent sur l'opportunité de laisser passer l'orage ou bien rendre les coups immédiatement.
Melenchon, un peu fatigué, et, semble-t-il, en confiance, nous raconte des souvenirs de meetings passés. Il décris par le détails les visages, les mains de ces personnes rencontrées dans des salles municipales. Ces regards qui se sont allumés au son de ses phrases. Il nous fais vivre son sentiment d'avoir pendant des années "tenu le couvercle" sur des gens qui souffraient en silence dans les usines.. Il Nous fait voir ce moment précis où un de ses mots à déclenchés dans la salle la colère rentrée de tous ces gens. Il nous parle de sa prise de conscience d'en être un de ceux qui l'étouffaient en réclamant la patiente et d'avoir décider à ce moment là de ne plus reculer. Il dit tout ça dans un souffle, puis s'effondre sur son siège. Sa main vient alors tenir la tête. Les doigts fouillant dans les cheveux. le regard droit pour voir l'effet escompté de son discours terminé.
A aucun moment quelqu'un m'a empêché de faire une image. Personne n'est intervenu pour interdire de poser une question. Les discussions ont été vives. Les positions âprement défendus par le rédacteur qui posait les questions et le politique qui y répondait.
Je ne veut défendre ni l'un ni l'autre. Il n'y à d'ailleurs , à mon sens aucune défense à faire. Tout le monde fait son boulot. Le journaliste et le politique se doivent de faire de la politique. D'expliquer les positions et les points de vues. De donner à penser et à agir. La caméra enregistre trop souvent les propos lénifiants et encadrés des deux contradicteurs. Alors quand la spontanéité s'empare de la joute, on est choqué.
Je préfère le risque du dérapage à la sureté du cadre trop rigide. A chacun de se donner alors, les armes pour se défendre...là est le combat.

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15 mars 2010

Le profil

PS007

Soirée électorale. Je suis au siège du parti socialiste. Peu de militants, peu d'ambiance. Les journalistes se regardent en chiens de faïence et comparent les premiers chiffres qui tombent en pluie de textos sur les téléphones portables. Je traine moi aussi. Je fais des va et viens entre la cour intérieure où se tiennent les directs des télés et la salle où est disposée la tribune en vue de  la déclaration de Martine Aubry tout à l'heure.
Les photographes sont déjà installés devant le pupitre. Le discours est prévu dans une heure et demi, mais ils sont en place. Ils attendent, testent la lumière. Ils sont prêt..eux...Parce que moi, pas du tout. Je tourne sans cesse pour trouver une idée, une place. (finalement , n'est ce pas la même chose?) Il est 20h. Il va falloir que je choisisse. Après, ça ira trop vite.. En attendant je fais des images des quelques militants présents qui hurlent leur joie à l'annonce des résultats. C'est toujours ça.
Je vois d'autres photographes qui tournent comme moi. Ils cherchent eux aussi la bonne place, l'endroit idéal qui leur fera faire une image différente des autres. Le photographe de Paris Match ne se donne pas cette peine..il est assis dans un coin et attend sagement le moment où on lui ouvrira la porte du bureau où nous ne pouvons pas aller. C'est comme ça, nous le savons tous. C'est souvent Match qui à accès à ces coulisses, ces situations les plus intéressantes où l'on s'extrait de la façade trop éclairée des communicants. Questions d'audiences. Les politiques sont sensibles, eux aussi, aux chiffres de diffusion des journaux pour décider de qui à accès où pas à la coulisse. Je ne dois pas être bien loti car cela ne m'arrive jamais..Je fais pourtant la demande, à chaque fois. Consciencieusement, je m'approche des personnes de l'entourage qui ont le pouvoir de laisser passer le photographe. Maladroitement, (je ne suis pas très doué pour ça..) je formule un vague : "si je pouvais avoir une photo dans le bureau, même pas longtemps, se serait bien pour moi..." En général la réponse est toujours la même : "je vais voir, mais tu sais, il y a déjà beaucoup de demandes.." ben oui, je me doute.. Donc, comme je n'aurai pas accès aux coulisses je vais essayer de faire ce que je peux avec la scène.
Le timing est calé. Aubry sort à 20h20 et parle à 20h30. Elle sort du vestibule entourée du service d'ordre qui tient une corde pour garder à distance les journalistes puis se dirige vers la salle préparée pour son intervention. Tout le monde est en place. Avec d'autres photographes, nous nous installons à l'entrée de la salle pour faire l'arrivée, d'autres décident de rester en place devant la tribune. Moteur, ça tourne? action! Martine aubry, arrive, elle emprunte le couloir sanitaire dessiné par le service d'ordre. Celui ci lui permet de ne pas être importunée par les preneurs d'images divergentes...je fais rapidement quelques images avant de venir me placer sur le côté de la tribune. Elle est maintenant en pleine lumière. Les communicants respirent..Mais non, toutes les télés ne sont pas prêtes. Martine Aubry demande : "bon, je peux y aller là?" elles esquisse en même temps un geste sur son visage. Elle se recoiffe légèrement. Cela me touche. j'y trouve un peu de spontanéité. Je m'empresse d'enregistrer ce moment là, perdu dans un océan de rectitude. Je suis placé en contre plongé(à cause des caméras placées derrière), légèrement du côté de la tribune. Mes petits camarades sont derrière une corde pile en face de l'oratrice de la soirée. En gros dans l'axe des caméras. Bref, je gêne, je ne suis pas au bon endroit. des gens du service de presse viennent immédiatement se mettre à côté de moi pour essayer de me remettre droit..."ne reste pas là...elle aime pas ce profil.." Bon. je fais comme si j'avais pas entendu...comme c'est dit plusieurs fois et de manière très correcte je fais mine de me déplacer de 2 cm vers ma gauche et ça calme tout le monde..
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5 minutes de discours, puis s'en va. La sortie est chaotique. Tout le monde se précipite pour avoir une , image, un son différent de l'exercice formaté auquel nous venons d'assister. Bousculade, cris, quelqu'un tombe. Je tente une percée, puis décroche pour me placer à l'intérieur, au pied de l'escalier qui mène au bureau de la politique. Lorsqu'ils arrivent, les gens du service d'ordre ont bloqués les journalistes à la porte. Je suis en face de Aubry qui sourit à quelqu'un à ma droite. Derrière elle, son conseiller François Lamy n'est pas loin de prendre en pleine tête un cameraman qui s'est faufilé. Un autre photographe court sur la gauche pour la dépasser. Je fais Trois photos, deux floues, une nette. La politique monte l'escalier et retrouve un visage plus simple et joyeux de celle qui à gagnée. Je me dis que peu importe le profil lorsqu'un visage exprime un sentiment simple et immédiat. Je me dis aussi que jamais je ne monterai cet escalier pour accéder à la coulisse. C'est à moi de décider si ce profil me convient ou pas...La question la plus importante semble être celle ci :  qui est ce que je sert lorsqu'on m'ouvre la porte et qu'on la ferme pour d'autres? Je gagne une image que les autres n'auront pas, certes, mais à quel prix? En me confrontant à la mise en scène, en essayant de la déconstruire, je suis maitre de mon image.
Non, je n'ai pas vraiment de réponse. Le questionnement me semble infini.

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20 février 2010

La politique à la criée

Encore un diaporama sonore sur une action de campagne des militants du front de gauche. J'espère vous immerger quelques instants dans le travail de fourmi des militants..



La politique à la criée
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16 février 2010

La Présence

BAYROU012
Tout commence très tôt. Dés le quai de gare, au premier train du matin. Gare de lyon, les voyageurs de l'aube s'engouffrent dans les wagons encore froids. 7h24, nous allons en bourgogne avec François Bayrou. je retrouve mon rédacteur à la porte de la voiture dans laquelle nos places sont réservées. Il fume sa cigarette. Je le regarde faire. J'ai déjà sorti un boitier, au cas où. L'attachée de presse à bien fait les choses. Nous savons à quelle place voyagera l'homme politique. Je suis aux aguets. Je m'imagine une image de lui sur le quai au milieu de la foule des gens qui se pressent pour monter dans le train. Je regarde des deux côtés. Je m'attend à le voir arriver par là. Non, c'est de l'autre côté qu'il se montre. Entouré de quelques personnes. Fidèle, responsable presse, officier de sécurité. Il se glisse dans la première porte ouverte qui s'offre à lui. Il as le regard baissé, sa suite remplissant son rôle à merveille. Ma première photo de la journée est ratée. Je n'ai même pas empoigné mon appareil, Ce sera donc un café avant de déclencher.
Le train part. Nous allons à la voiture bar pour le prendre, ce café. La file d'attente est déjà conséquente. Les voyageurs se tiennent debout dans l'allée, adossés à la cloison rouge. Leurs doigts caressent doucement la moquette qui tapisse cette même cloison. Ils ont froid. Moi aussi. Nous attendons notre tour. Je remarque que devant nous se tiennent l'homme politique et son ami. les deux hommes discutent en tenant leurs place. Ils sont là comme tous les autres, à tenter de rester debout malgré les soubresauts du train. Je vois le visage des personnes qui croisent le politique dans cette situation. Ils le connaissent, évidemment, ils l'ont vu sur leurs écrans. Des sourires apparaissent. Des regards appuyés. On passe, puis on parle dans l'oreille de son compagnon de voyage qui le l'avait pas vu, lui. " mais si tu sais, là devant...." " ah oui, dis donc....oh ça va , il à l'air sympa"
Bon, certes il est tôt, ma réserve naturelle ne me pousse pas à me précipiter sur lui pour faire des images, mais tout de même, je suis là pour ça. Alors, quoi faire? La situation est intéressante. Je décide de prendre de l'avance. Je m'installe dans la salle. Mon rédacteur qui connait l'homme politique va le rabattre vers moi. C'est lui qui va le saluer et l'amener vers nous pour prendre son petit déjeuner. Nous sommes quatre, accoudés au faux comptoir design, face aux paysages qui commence à se dessiner à l'extérieur. L'homme politique, son fidèle, mon rédacteur, et moi. Je me place en face du politique. la discussion s'engage, Je n'y prend pas part, j'essaie de me faire le plus petit possible...je suis à la pêche. Mes boitiers sont posés devant moi. Le politique les voit. Il ne peux ignorer qui je suis. Les choses sont posés, j'attends le moment propice.
J'avance doucement. J'attrape un appareil. Je le met au niveau de mon visage. L'homme politique me regarde. Il mange, boit son café. Je ne veut pas faire d'image moqueuse. Simplement une image de vie. cette vie qui fait que l'on se déplace sans cesse. Cette vie qui vous fait rencontrer tous ces gens, si vite, trop vite. Cette vie qui vous fait avoir une position sur tout. Cette vie qui vous donne le devoir d'avoir les réponses. Là le moment est calme, simple. Un moment en dehors de ce qui va suivre et que je connais. Alors oui, je veux cette image d'un homme qui mange, simplement, car elle sera le contrepoint des autres situations de la journée. Par la suite on me montrera cet homme comme omniscient, comme ayant raison. Un homme qui pense en toute chose. C'est pourquoi je veux cette image de ce même homme qui là ne pense à rien. Prendre son petit déjeuner, puis dormir un peu avant d'attaquer la journée de boulot.
Allez je me lance..Je cadre, Je déclenche, une fois...pas de réactions. Je fait attention aux attitudes. L'homme continue. C'est signe d'acceptation. Ma présence est importante à ce moment là.
Il veut bien m'accorder ce moment là. me serais je arrêté si il me l'avait demandé? oui. Car je ne veux pas me cacher, ni provoquer. Une bonne image se fait avec le respect ou la haine du sujet photographié. Comme on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, je pense que l'on ne fait pas de bonnes photographies avec des sentiments mitigés.
Je commence à faire de plus en plus d'images. Après avoir fini son yaourt, il jette les emballages dans la poubelle. Il se frotte les mains, il sourit. Il dit "bon, vous m'excusez maintenant, je vais essayer de dormir" En repartant du wagon bar, des personnes l'attrape pour le saluer et lui parler. Je le regarde en train de faire campagne, là, dans ce couloir de train. Les secousses l'obligent à se tenir à la barre. Belle métaphore de la vie politique.

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11 février 2010

les images ..... et le son.

Oui c'est vrai, je suis fortement absent, en retard, pas là, inexistant.....j'avoue.. le blog est un peu en sommeil en ce moment..because d'autres expériences. tient, justement regardez ce que je fais en ce moment. Toujours des images, mais aussi du son qui vient vous immerger (j'espère..) dans les petits moments que je vis..
à bientôt.. en texte !



Bayrou en campagne
envoyé par liberation. - L'info internationale vidéo.

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08 janvier 2010

Equations

SC0314014
Retour sur... le meeting des partis de gauche contre la taxation des accidentés du travail. Il faut bien l'avouer, le fond du meeting intéresse peu les médias. En revanche la présence à la même tribune de besancenot, arthaud (LO), benoit hamon, melenchon, est beaucoup plus attrayante. Rendez vous donc à 19h dans une obscure (à tous les sens du terme) salle municipale du 2e arrondissement de paris. Au fond d'un couloir une longue table recouverte d'un tissu rouge barre la scéne. Celle ci doit plus souvent accueillir des réunions d'associations de quartiers ou des spectacle de fin d'années. La lumière tombe en douche sur les visages.. bref, questions mise en scène, ce coup ci c'est le vide absolu! bon je sais.. j'en vois certains qui se disent "mais il est jamais content celui là! quand y'a de la mise en scéne il râle et quand y'en a pas il râle aussi!!" oui oui c'est vrai, je suis comme ça. Mais je le reconnais, alors je ne dis rien et on fera avec...
Les politiques arrivent, les caméras se bousculent. Les militants nous regardent apitoyés d'un tel spectacle. Évidemment les questions portent sur les possibles alliances en vue des régionales. Pas un mot sur le débat de ce soir..classique. Moi même j'ai dans la tête des photos des uns et des autres (LO+LCR) (LCR+PG)(PG+LO+LCR)(PC+PG+LCR.... euh non ça va être difficile), enfin tout une mathématique propre à la gauche et la gauche de la gauche. Équations assez illisibles pour un étranger à la cuisine politique. Ces formules se traduisent pour moi en des images de melenchon avec besancenot, de besancenot avec arthaud, de besancenot avec arthaud et benoit hamon... Enfin j'essaie de compiler ces situations pour faire face aux probabilités du futur. Je joue avec les premiers plan, les deuxièmes.. un coup melenchon devant, un coup besancenot devant. Un regard de arthaud, un regard de melenchon auquel répond un mépris de besancenot.. Je brode, cherche, trouve parfois.. le meeting commence et tous les preneurs d'images sont désespérés. La lumière est vraiment horrible et c'est compliqué d'arriver à avoir une image lisible. La température de couleur, La nappe rouge leurs donne à tous un teint vraiment ocre orangé. Nombres de mes confrères se découragent et quittent la salle après avoir fais le minimum syndical. D'autant plus que benoit hamon qui devait venir n'est pas là.. fin de journée pour les photographes fatigués qui regagnent leurs pénates.. Pour ma part, je reste. Quasiment seul. Avec comme seul compagnons les radios (qui ont besoin d'un son en fin de meeting) et d'une équipe de télé. Le temps passe. Je ne fais plus de photos. J'ai fait tout ce que j'avais à faire. En fait, j'espère toujours l'arrivée de hamon. Je me dit qu'une photo hamon- besancenot est assez rare et ressortira fatalement un jour ou l'autre.. Après une bonne heure, je suis récompensé de ma patiente. Hamon arrive. Il s'installe à la tribune en s'excusant, salue tout le monde. Première photo.
Les interventions se terminent. Tout le monde à parlé. Applaudissements, crissements de chaises. Ils se lèvent tous. Ca va être à moi de jouer. Je saute sur l'estrade et me retrouve au milieu des politiques qui discute le bout de gras.. les radios sont là aussi. Ils font des interviews. La caméra commence à filmer, tout comme moi, elle épie les faits et gestes de chacun, les regroupements potentiels, les ignorances collectives.
Hamon et besancenot sont assez loin l'un de l'autre. Enfin deux radios les attrapent, une sur hamon l'autre sur besancenot. Merveille du hasard, ils se mettent dos à dos et répondent aux micros qui se tendent. Je vois ça et pousse sans discernement les gens sur mon passage. Je me fixe totalement de côté et tente d'avoir les deux parfaitement dans mon cadre. Ils se découpent bien sur le fond noir. J'intègre les micros. Il me semble qu'ils doivent être là pour fixer la situation. Un autre photographe que je n'avais pas vu et que je ne connais pas viens se placer derrière. Je lui fait comprendre que c'est pas la bonne place...il se pousse, je le remercie. Les deux politiques ne tournent pas beaucoup la tête vers moi. J'ai peur qu'on ne les reconnaisse pas...J'ai peur d'une photo manquée avant même d'avoir existée.
SC0314020
Les paroles sont terminées. Ils s'en vont chacun de son côté sans s'être parlé. Je me dis que je n'aurai pas beaucoup mieux. Je suis, je reste à distance. La caméra attrape besancenot dans le seul l'escalier qui mène à la salle. Hamon est coincé derrière les journalistes et la table. Il me voit et dit en rigolant "eh ben voilà, c'est la LCR qui empêche de sortir!!.." Il se marre, je me marre. J'ose répondre : "et le PS qui fait de l'agit prop!.." Hamon me regarde. Un sourire juste esquissé sur le coin des lèvres. Il passe au dessus de la table et saute de la scène pour se retrouver dans la salle. Tout le monde s'en va. La salle est presque vide. Hamon répond encore à quelques questions puis cherche son manteau, "je l'avais posé là et hop il est parti tout seul..pfff"
non , c'est un de ses camarade qui l'avais pris discrètement sans le lui dire.
Oui, Ami si tu perds ton manteau, un camarade sortira de l'ombre pour le prendre à ta place.

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